Prière pour l’Unité

Seigneur, comme tu nous l’as enseigné, nous nous inclinons devant toi en toute humilité, douceur et patience, nous soutenant les uns les autres avec amour et nous efforçant de garder l’unité de l’esprit par le lien de la paix, afin que nous devenions « un seul corps et un seul esprit », selon notre vocation, dans l’espérance de notre unique appel.

D’une seule voix, en nous repentant de nos divisions, nous nous engageons à œuvrer ensemble pour la réconciliation, la paix et la justice, et ensemble nous t’implorons : aide-nous à vivre comme tes disciples, à vaincre l’égoïsme et l’arrogance, la haine et la violence, donne-nous la force de pardonner.

Inspire notre témoignage dans le monde, afin que nous sachions promouvoir une culture de dialogue et que nous soyons porteurs de l’espérance que ton Évangile a fait germer en nous. Fais de nous des instruments de ta paix pour que, dans nos maisons et nos communautés, nos paroisses, nos églises et nos nations, résonne toujours plus l’écho de ta paix que tu as longuement désiré nous accorder. Amen.

Prière de la communauté chrétienne d’Alep, en Syrie. In Évangile et Liberté n° 335, Janvier 2020, p. 19
Entrée de l’église orthodoxe Saint-Serge, Paris, 19ème.

« Prière de Luther » pour l’Unité

Prière dite de l’unité, attribuée à Martin Luther (bien que cela ne soit pas certain…), mais pourtant un des plus anciens textes liturgiques luthériens.

« Dieu éternel et miséricordieux, Toi qui es un Dieu de paix, d’amour et d’unité, nous Te prions, Père, et nous Te supplions de rassembler par ton Esprit Saint tout ce qui s’est dispersé, de réunir et de reconstituer tout ce qui s’est divisé. Veuille aussi nous accorder de nous convertir à Ton unité, de rechercher Ton unique et éternelle Vérité, et de nous abstenir de toute dissension. Ainsi nous n’aurons plus qu’un seul cœur, une seule volonté, une seule science, un seul esprit, une seule raison, et tournés tout entiers vers Jésus-Christ notre Seigneur, nous pourrons, Père, Te louer d’une seule bouche et Te rendre grâces par notre Seigneur Jésus-Christ dans l’Esprit Saint. Amen ! »


Pasteure luthérienne en l’église de Gjerdrum, Norvège. Image: vidéo de l’église de Gjerdrum

Semaine de prière pour l’Unité des Chrétiens

Du 18 au 15 janvier 2021.

Dans le jardin de l’Hôtel de Sully, Paris

Prière considérée comme « la prière » de l’abbé Paul Couturier pour l’unité

Seigneur Jésus, qui à la veille de mourir pour nous,

as prié pour que tous tes disciples soient parfaitement un, comme toi en ton Père, et ton Père en toi,

Fais-nous ressentir douloureusement l’infidélité de notre désunion.

Donne-nous la loyauté de reconnaître et le courage de rejeter

ce qui se cache en nous d’indifférence, de méfiance, et même d’hostilité mutuelle.

Accorde-nous de nous rencontrer tous en toi,

afin que, de nos âmes et de nos lèvres, monte incessamment ta prière pour l’unité des chrétiens,

telle que tu la veux, par les moyens que tu veux.

En toi, qui es la charité parfaite, fais-nous trouver la voie qui conduit à l’unité, dans l’obéissance à ton amour et à ta vérité.

Pour en savoir plus sur l’abbé Couturier :

http://www.unitechretienne.org/semaine-de-priere/histoire-de-la-semaine/histoire-de-la-semaine-de-priere/9-abbe-paul-couturier

L’Agneau de Dieu

l’Agneau dans le Nouveau Testament

Tympan de l’église luthérienne du Christ libérateur, vieille ville de Jérusalem.

L’agneau est l’un des animaux qui revient le plus souvent dans le Nouveau Testament. Pourtant attention, plusieurs mots existent !

Tout d’abord, il y a les brebis ou les moutons  (même mot en grec) :

Probatov, c’est le mot le plus employé, dans les paraboles par exemple.

Puis deux mots différents, qui désignent plus précisément un agneau !

Arnion ( qui semble être un jeune agneau). Des 30 emplois du mot arnion, 29 se retrouvent dans l’Apocalypse et, à 28 reprises, l’agneau désigne le Christ. Nous retrouvons le mot une fois encore chez Jean (21, 15), dans l’ordre donné à Pierre de paître les agneaux… Arnion alors désigne aussi l’église naissante.

Mais le 4ème évangile choisit, pour désigner le Christ, encore un autre mot :

Amnos, exclusivement pour désigner le Christ, dans la bouche de Jean le baptiste (Jean 1, 29 et 35). Notons que la première épître de Pierre utilise également ce mot (une seule fois) pour elle aussi désigner le Christ (1 Pierre 1, 19). En identifiant le Christ à l’agneau pascal, la première de Pierre indique clairement que Jésus reprend à son compte l’expérience salvatrice de l’exode. On trouve encore une dernière occurrence de amnos dans le livre des Actes (8/32), au moment de la rencontre de Philippe avec l’eunuque éthiopien entrain de lire le prophète Ésaïe. Là encore, Philippe explique que l’agneau évoqué par le prophète n’est autre que Jésus. Et de fait, dans la version grecque de l’Ancien Testament, les Septantes, Ésaïe employait aussi le mot amnos ( 53, 7) : il s’agissait alors d’évoquer le serviteur souffrant de l’Éternel, qui est doux, humble et endure la violence. Et Ésaïe de préciser que cet agneau porte les péchés du peuple (V. 4 : Or c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé).

Et là se joue peut-être l’essentiel : pour Ésaïe, l’agneau porte le péché, alors que chez Jean, dans l’Évangile, il l’enlève !!!

La suite lors de la prédication dimanche, 17 janvier 2020.

Excursus : au sujet du verbe lever, enlever : airô, (supprimer, ôter) dans la bouche de Jean le baptiste lorsqu’il s’écrit : voici l’agneau de Dieu qui ôte le pécher du monde !(1, 29). Jean l’utilise par exemple lorsque la pierre du tombeau de Lazare est ôtée.

Broderie sur étole, réalisée par une cistercienne de l’Abbaye du Rivet ( 33 124 Auros)

Épiphanie et/ou baptême du Christ ?

Petit rappel : le mot épiphanie signifie en grec manifestation  (epiphaneia = apparition, manifestation). Dans la Bible, il désigne toute manifestation de Dieu aux hommes.

Ce n’est qu’au cours du IVe siècle, que les chrétiens prirent l’habitude de célébrer au moment du solstice d’hiver la naissance de Jésus, lumière du monde selon l’évangile johannique, certainement pour contrer les païens qui à cette date fêtaient le Sol invictus, le Soleil vainqueur.

Que païens et chrétiens se retrouvent au jour du Natalis invicti, qu’ils se réjouissent de la naissance du Fils de Dieu ou la renaissance du Soleil-Hélios ne pouvait d’ailleurs que plaire à l’empereur Constantin, qui voulait l’unité de son empire ! 

En Orient, c’était le 6 janvier, qui était consacré aux fêtes solsticiales. Les Églises de ces pays, en Égypte et en Arabie, retinrent cette date pour la célébration du baptême du Christ, qui est la pleine manifestation de sa divinité en son humanité, pratique tôt connue en Occident, où l’on voit l’Église de Gaule célébrer l’Épiphanie dans les années 360.

En témoigne par exemple cette homélie de Jacques de Saroug, évêque syrien mort en 521: 

«  Grâce au témoignage de Jean, notre Seigneur fut reconnu par le monde comme étant le Messie, et c’est pourquoi son baptême fut appelé l’Épiphanie, puisqu’au jour de son baptême, il fut clairement reconnu et révélé ».

Dans la tradition byzantine et arménienne, l’ Épiphanie est aujourd’hui encore liée au baptême du Christ.

À partir du Ve siècle, une dissociation s’est opérée entre le 6 janvier et le 25 décembre, date plus précise du solstice : ainsi, les chrétiens occidentaux fêtent la Nativité le 25 décembre, l’adoration des Mages, le 6 janvier, le baptême du Christ, le dimanche suivant, et les noces de Cana le dimanche qui suit encore.

« Étonnamment, souligne le dominicain québécois Yvon Pomerleau, l’Occident a retenu le mot “épiphanie” pour l’adoration des Mages, alors que la manifestation de l’origine divine de Jésus est plus évidente lors de son baptême dans le Jourdain, lorsque retentit la voix du Père : “Voici mon fils bien aimé” ». En Occident, l’adoration des Mages a, de fait, pris une ampleur considérable et s’est enrichie de nombreux éléments de folklore au cours des siècles. Si les Évangiles donnent très peu de détails sur eux, les apocryphes et les traditions populaires ont comblé ces silences.

C’est une mini-arpillera qui vient du Chili en Amérique Latine. Si on regarde bien, les observateurs des étoiles (femmes ou hommes, ce n’es pas très bien défini) arrivent sur un llama et non pas de chameaux. Avec l’autorisation fraternelle de la pasteure Jane Stranz
Bas relief, fonds baptismaux de l’église de Pertuis, Vaucluse

Le protestantisme alerte et conteste

Le protestantisme français se mobilise au sujet du « Projet de loi confortant le respect des principes de la République ».

Le protestantisme veut aujourd’hui lancer une alerte sur les risques que comporte ce projet de loi qu’il juge dangereux pour les libertés. Quatre points de vigilance sont relevés :

  • la mise en question de la capacité de plaidoyer et d’actions des associations 1901 ;
  • la mise en question possible de la liberté de conscience et de culte ;
  • le contrôle renforcé de la liberté de l’exercice du culte ;
  • La fragilisation des petites associations cultuelles par de nouvelles dispositions sans équivalent pour les associations 1901.

La FPF appelle ses membres à réagir, vous trouverez un modèle de lettre à envoyer à un.e élu.e (maire, député, sénateur..). 

La commission spéciale créée par l’Assemblée nationale a auditionné lundi 4 janvier les représentants des cultes chrétiens, juif et bouddhiste. (Les responsables du Conseil français du culte musulman devraient être entendus le 11 janvier). Le protestantisme était représenté par le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France et M. Jean-Daniel Roque, membre du bureau et conseiller juridique.

Lettre du président de la FPF et Éléments de plaidoyer (cliquer ci-dessous )

Petite histoire de l’arbre de Noël : non, il n’est pas d’origine païenne

Pouvez-vous imaginer un Noël sans sapin ?

Mais connaissez-vous l’histoire de cette coutume?

Depuis le début, c’est une coutume tout à fait chrétienne. Il y a très longtemps, au Moyen-Âge, le long de la vallée du Rhin (c’est-à-dire dans l’est de la France et en Allemagne), on avait pris l’habitude de représenter ce que l’on appelait les «mystères» du Christ. Ces mystères étaient des scènes de la Bible, de l’Ancien Testament et du Nouveau,qui annoncent et expliquent l’envoi du Christ parmi nous et son incomparable message de réconciliation. Ces scènes étaient jouées comme des pièce de théâtre sur les parvis des églises et des cathédrales. On commençaient en général par le récit de la création dans le livre de la Genèse, et celui Adam et Eve qui sont expulsés du jardin d’Eden, ensuite dans les livres des Prophètes on choisissaient les passages qui annoncent l’arrivée du Messie. Et enfin, dans le nouveau Testament, on représentait la naissance, la mort et la résurrection de Jésus Christ.

Mais quel était le rôle du sapin là-dedans ?

Dans le jardin d’Eden, nous dit la Bible, il y avait l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal. Malgré l’interdiction de Dieu, Adam et Eve avaient goûté du fruit de cet arbre qui était un pommier selon la tradition. Pour les punir de leur désobéissance, Dieu les chassa du jardin d’Eden. Les êtres humains, à la suite d’Adam et Eve, étaient seuls et perdus, loin de Dieu, sans pouvoir revenir d’eux-mêmes vers Lui.

Genèse 2:15-17 Le SEIGNEUR Dieu prend l’humain et il le place dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder.Le SEIGNEUR Dieu donne cet ordre à l’humain : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin.Mais tu ne dois pas manger les fruits de l’arbre qui fait connaître ce qui est bien ou mal. Oui, le jour où tu en mangeras, tu mourras, c’est sûr. » Genèse 3:6-8 et 22-24 La femme se dit : les fruits de cet arbre sont beaux, ils doivent être bons. Ils donnent envie d’en manger pour savoir plus de choses. Elle prend un fruit de cet arbre et le mange. Elle en donne à son mari qui est avec elle, et il en mange aussi.Alors leurs yeux s’ouvrent. Maintenant, ils voient qu’ils sont nus. Ils attachent ensemble des feuilles d’arbre, et cela leur sert de pagne.Le soir, un vent léger se met à souffler. Le SEIGNEUR Dieu se promène dans le jardin. L’homme et la femme l’entendent et ils se cachent devant lui, parmi les arbres du jardin. […] Le SEIGNEUR Dieu se dit : « Eh bien, l’humain est devenu comme un dieu : il connaît ce qui est bien ou mal. Maintenant, il ne faut pas qu’il prenne aussi les fruits de l’arbre de la vie. S’il en mangeait, il vivrait pour toujours. »3 Alors le SEIGNEUR Dieu chasse l’humain du jardin d’Éden et il l’envoie cultiver la terre qui a servi à le faire.Après que le SEIGNEUR a chassé l’humain, il place des chérubins à l’est du jardin d’Éden. Avec une épée de feu qui tourne dans tous les sens, les chérubins gardent l’entrée du chemin qui conduit à l’arbre de la vie.

Pour figurer cette scène dans les «mystères» représentés sur les parvis des églises, un arbre était donc nécessaire. Et le seul arbre qui dans nos régions reste vert toute l’année, c’est le sapin.C’est lui qui fut choisi, et pour qu’il ressemble davantage à un pommier, on y accrochait des pommes bien visibles, rouges et brillantes. Aujourd’hui ce ne sont plus des pommes qu’il y a dans le sapin de Noël mais des boules multicolores, en verre, en plastique, en papier. Elles remplacent les pommes. Mais la relation des boules de Noël avec les soit disant pommes de l’arbre du bien et du mal du jardin d’Eden a été généralement oubliée en cours de route! Ainsi, les humains errent loin de Dieu, dans la solitude et la nuit. Souvenons-nous, que Noël est fêté au solstice d’hiver, moment où la nuit est la plus longue de l’année, mais où elle est vaincue par la lumière, puisque le soleil reprend le dessus et que les jours recommencent à s’allonger à partir de ce moment-là. Des prophètes se sont levés pour annoncer aux humains que le Messie, le Sauveur, le Fils de Dieu viendrait pour les ramener vers Dieu.

Esaïe 11,1-4a Un fils sortira de la famille de Jessé, comme une jeune branche sort d’un vieux tronc. Une nouvelle branche poussera à partir de ses racines. L’esprit du SEIGNEUR reposera sur lui. Il lui donnera la sagesse et le pouvoir de bien juger. Il l’aidera à prendre des décisions et le rendra courageux. Il lui fera connaître le SEIGNEUR et lui apprendra à le respecter. Alors cet homme prendra plaisir à respecter le SEIGNEUR. Il ne jugera pas selon ce qu’il voit, il ne décidera pas d’après ce qu’il entend dire. Il jugera les pauvres avec justice, il sera juste pour ceux qui, dans le pays, sont sans défense.

Pour rappeler et signifier dans les mystères la promesse des prophètes et le rameau qui refleurit, on accrochait des roses en papier à l’arbre, au sapin. Peu à peu, ces roses se sont transformées en guirlandes qui décorent encore aujourd’hui les sapins de Noël. Quand le temps fut venu, quand ce que les prophètes avaient annoncé arriva, quand ce fut Noël, quand le Fils de Dieu naquit à Bethléhem, l’obscurité des humains fut complètement chassée par la lumière. La relation entre Dieu et les hommes était rétablie. Jésus, la lumière du monde, a banni l’ombre, la nuit, l’errance, l’angoisse et la mort

Luc 1:78-79 Oui, notre Dieu est plein de tendresse et de bonté. Il a fait briller sur nous une lumière venue d’en haut, comme celle du soleil levant.Elle éclairera ceux qui vivent dans la nuit et dans l’ombre de la mort, elle guidera nos pas sur la route de la paix.

Matthieu 1:21-235 «Elle va mettre au monde un fils, et toi, tu l’appelleras Jésus. En effet, c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Ainsi se réalise ce que le prophète a dit de la part du Seigneur :« La jeune fille attendra un enfant.Elle mettra au monde un fils. On l’appellera Emmanuel, ce qui veut dire “Dieu avec nous”. »

Pour symboliser ces événements du salut, on suspendait, lors de la représentation des mystères, des bougies à l’arbre de la connaissance, au sapin. Les étoiles en paille que certains mettent encore au sapin rappellent l’étoile qui a guidé les bergers et les mages ainsi que la paille de la crèche de l’enfant Jésus. Mais, pour que l’œuvre de libération de Jésus Christ fut complète et que son incarnation, sa venue dans le monde prennent tout leur sens et toute leur valeur, il fallait encore qu’il leur prouve que tout le monde peut avoir accès à la promesse de vie proposée par Dieu. C’est pourquoi il a été crucifié, il est mort et il est ressuscité pour que les êtres humains croient que rien n’entrave la réconciliation que Dieu leur propose.

Jean 1,14 La Parole est devenue un homme, et il a habité parmi nous. Nous avons vu sa gloire. Cette gloire, il la reçoit du Père. C’est la gloire du Fils unique, plein d’amour et de vérité.

Au Moyen-Âge la meilleure façon de rappeler ces hauts faits consistait, pour les gens qui mettaient en scène les mystères, à accrocher des hosties à l’arbre dressé sur le parvis. Ces hosties renvoyaient à la Sainte-Cène et signifiaient donc la mort du Christ et sa résurrection. Par la suite, et parce que l’on avait sans doute perdu le sens originel, les hosties sont devenues sur le sapin des gâteaux de Noël, que l’on appelle des « bredele » en alsacien.

Ainsi décoré, l’arbre du jardin d’Eden sous la forme du sapin, retraçait toute l’histoire de la Bible. Aux XVIIe et XVIIIe siècle, en Alsace, ne voulant pas se contenter d’admirer ce symbole en plein air devant les églises, on l’a fait entrer dans les maisons comme arbre de Noël. Cette coutume s’est répandue à travers le monde entier.

À Paris, il semble bien que l’on doive son introduction à la duchesse d’Orléans, belle-fille de Louis-Philippe, née princesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin. Elle n’a pas renoncé à son luthéranisme en épousant un prince de France. C’est donc elle qui a introduit l’usage du sapin de Noël à la Cour, dès 1840, malgré plusieurs résistances à cette coutume jugée trop germanique donc trop protestante. Elle a d’abord fréquenté la paroisse des Billettes puis, comme ce quartier du Marais était difficile à sécuriser, la Rédemption devient sa paroisse… Cette nouvelle mode plut aux bourgeois, et voilà notre sapin de Noël définitivement installé dans nos maisons et nos temples.

Jeune pasteur en Cévennes, j’ai vu encore, dans le temple d’Aumessas, un immense sapin ans le temple que l’on illuminait avec de vrais bougies, pour le culte du 24 décembre. Il y avait au pied les éclaireuses et éclaireurs, qui veillaient à ce que celui-ci de prenne pas feu, car évidemment, c’était un peu dangereux…

Puissiez-vous, à travers le sapin, faire vôtre le sens profond de la fête de noël et vivre un Noël, joyeux parce que béni et plein de lumière et de sens. !

(Pasteurs Marie-Pierre Cournot et Jean-François Breyne, d’après un texte de Bernard KAEMPF, qui fut professeur de théologie pratique à la Faculté de théologie protestante de l’Université Marc-Bloch ­ Strasbourg II)

La folle nuit du petit Jésus

Réalisée par François Schlumberger, avec les moyens du bord !

l’Oiseau de Noël

« Au commencement, il y a le chant de l’oiseau dans la nuit finissante…. »

Petite méditation pour un 24 décembre.

Prière du jour, du pasteur Gérard Delteil

Que jamais le bonheur de la vie n’éteigne en nous
La révolte contre ce qui la défigure
Mais que jamais non plus le scandale du mal
N’efface en nous la louange de la vie.
Que jamais les mots qui nous font vivre :
Tendresse, plaisir, liberté, confiance,
Ne se referment en des certitudes figées,
Mais qu’ils soient source
d’une quête toujours inachevée.
Que notre foi ne soit jamais
sans le doute,
Et que nos doutes ne soient jamais
sans la confiance.
Que l’émerveillement de recevoir la vie
Comme un don,
comme une grâce
N’altère pas nos capacités d’indignation
devant l’injustice,
Mais soutienne en nous
la promesse Et la passion
d’un monde autre.
Tel est le désir qui nous porte !
Telle est la prière qui nous met en route !
Que la petite espérance nous prenne par la main,
Qu’elle nous entraîne
Sur des chemins inattendus,
Et qu’elle chante en nous,
Comme un défi,
L’amour de la vie !

Gérard Delteil, pasteur de l’EPUdF et ancien professeur à l’Institut protestant de Théologie.