Ne pas nous résigner

Devant la tragique actualité récente, après Nice, Vienne, il importe de ne pas nous résigner à la barbarie, et de rester fermement enraciner dans cette Parole qui seule peut nous donner de tenir sans sombrer dans le piège de la haine et de l’amalgame.

L’esplanade des Invalides, un matin d’automne…

Tenir !

Pour tenir il va falloir être attentif aux petites choses, aux petits riens, à la beauté ordinaire et pour pouvoir l’écouter, parfois faire taire le brouhaha extérieur….

JF Breyne

Abbaye bénédictine Saint Louis du Temple de Limon.

Vitrail réalisé par Mère Geneviève Gallois.

Message de la présidente du Conseil national

Message d’Emmanuelle Seyboldt

« Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. »

Frères et sœurs,

Les jours que nous vivons sont sombres, la peur s’infiltre dans les esprits, la mort et son cortège de larmes recouvrent tout. L’épreuve est forte. A la peur de la maladie s’ajoute la menace terroriste. Deux dangers insaisissables, non-maîtrisables.

Au cœur de l’épreuve, c’est en Dieu que nous plaçons notre confiance. Disons-Lui nos craintes et nos peurs, Il apaisera notre cœur. Tournons-nous vers Lui, il nous donnera sa paix, à nulle autre semblable.

Alors que nous avançons sans voir d’issue, c’est Dieu qui guide nos pas. En Jésus, le Christ, Il a subi la violence, il a traversé la mort. Il a ouvert la porte d’une irréductible espérance. Soyons les uns pour les autres témoins de cette espérance, témoins de cette promesse de vie plus forte que la mort. Ne marchons pas à la suite des violents mais soyons partout, toujours, des artisans de paix.

Dans la nuit du monde, que la lumière du Christ ressuscité soit notre phare.

Emmanuelle Seyboldt,
Présidente du Conseil national

Message du Synode national

Message aux Églises locales et paroisses
de l’Église protestante unie de France
Le Synode national de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF), réuni le 24 octobre 2020 à Paris en multiplex veut tout d’abord exprimer sa reconnaissance à Dieu pour les biens dont il nous comble.
C’est Lui qui nous tient unis les uns aux autres.
Reconnaissance à Dieu qui fait toutes choses nouvelles. Il ouvre un chemin là où tout est bloqué. Il remet debout ceux qui sont tombés. Dans l’épreuve que nous vivons collectivement, alors que le désespoir rôde, nous vivons et réaffirmons notre espérance.
C’est dans cette espérance que nous voulons évoquer la tragique actualité récente.
L’assassinat de M. Samuel Paty par une personne fanatisée a bouleversé la France. C’est un acte ignoble, épouvantable. La juste réponse ne peut pas être d’assigner les croyants à vivre leur foi dans la seule sphère privée. D’une part parce que les croyants ne sont pas des fanatiques. Le fanatisme est une maladie de l’idéologie. Et d’autre part parce qu’au contraire, il faut parler davantage de religion et de foi, il faut débattre, il faut mettre de la raison, de l’intelligence, de la théologie dans l’espace public, croiser les regards et les domaines scientifiques, exercer une critique des exposés dogmatiques.
Ce qui alimente le fanatisme, c’est la simplification, la généralisation et l’inculture.
L’Église protestante unie a un rôle à jouer dans la construction d’une société immunisée contre ce poison. Dans la vigilance et l’espérance, marchons en confiance et avec courage dans la communion donnée par Dieu.
C’est pourquoi le Synode
– demande au Conseil national de relayer cette interpellation auprès de la Fédération protestante de France et du Ministre de l’Intérieur, et d’être force de proposition en ce sens.
– demande au Conseil national d’élaborer des outils de réflexion afin d’aider les Églises locales et les paroisses à travailler ces questions et à être témoins auprès des autres communautés de foi.
– demande aux Eglises locales, paroisses et conseils régionaux de l’EPUdF d’interpeller préfets et élus sur ce sujet, et de prendre une part active aux débats et aux réflexions.

Je revendique le droit au blasphème

Devant le retour dans certains médias, suite à la reparution par Charlie Hebdo de ses caricatures du Prophète, de débats autour de la notion de blasphème,  je ne résiste pas à  partager avec vous ce que j’écrivais alors…

Le droit au blasphème !

Il y a quelques jours, je lisais dans un journal protestant bien connu que « depuis 1984, les procès intentés pour injure envers une religion se sont multiplies en France ».

Et face à l’actualité récente, j’entends certains qui me confient : « Quand même, on ne peut pas tout dire ! il faut respecter la croyance de l’autre ». Oui, certes, mais si c’est au prix de l’interdiction de toute critique, de toute liberté de parole, alors non ! Résolument non !

Pour ce qui relève des propos, donc des idées, des convictions, alors je me rallie sans hésitation aucune à Castellion qui se dressait contre Calvin qui venait d’accepter que Servet soit condamné au bucher pour cause d’hérésie…! « Qu’on accorde à tous la liberté de parler et d’écrire ; on verra très vite quelle est la puissance de la vérité lorsqu’elle est libérée » (Castellion publie un ouvrage Contre le libelle de Calvin dont l’impression n’aura lieu en Hollande qu’en 1612 ) ».

Nos lois, qui condamnent l’incitation à la haine raciale, me semblent amplement suffisantes et la seule limite acceptable. Car sinon, autant de coups de boutoir contre des libertés chèrement acquises depuis Voltaire.

Voulons-nous revenir un jour, sous prétexte de respect et de politiquement correct, au sort réservé au chevalier de la Barre* ? Ne peut-on plus se moquer d’un système de pensée ? Dire son désaccord contre telle opinion érigée en principe absolu ? Faudra-t-il interdire à nouveau Candide ?

Pire : aurions-nous la mémoire si courte ? Celui que nous reconnaissons comme Seigneur et Maître, celui-là même n’a-t-il pas été accusé lui aussi de blasphème ? N’est-ce pas la principale raison invoquée pour sa comparution devant Pilate ? (Matth 26, 65, Marc 14, 64 )

Allons, ne mélangeons pas tout : chaque enfant battu, chaque femme violentée, chaque homme torturé, voilà ce qui blesse Dieu, bien davantage que quelques incantations verbales et irrespectueuses. Souvent goûts immodérés pour la provocation, parfois franches stupidités, voilà ce que nous appelons blasphème : faudra-t-il aussi faire une loi contre la bêtise ? »

JF Breyne. 2015.

*Le chevalier de La Barre et deux « complices » sont accusé d’avoir chanté deux chansons libertines irrespectueuses à l’égard de la religion et d’être passés devant une procession en juillet 1765 sans enlever leur couvre-chef. Pire, les trois hommes, par défi, refusent de s’agenouiller lors du passage de cette même procession. Le chevalier de La Barre est donc condamné… à mort ! Cette sentence pour blasphème est exécutée le 1er juillet 1766 à Abbeville par cinq bourreaux spécialement envoyés de Paris ; « Je ne croyais pas qu’on pût faire mourir un gentilhomme pour si peu de chose » auraient été ses dernières paroles.

Retour sur la cérémonie oecuménique de l’ ACAT

Une soirée riche et dense, chargée d’émotion avec l’évocation des personnes soutenues par l’Action des Chrétiens pour l’abolition de la torture.

20200625_212008Vous trouverez ci-joint le texte de ma méditation, autour des versets 16 à 21 du chapitre 3 de l’évangile selon Jean.

De tout l’évangile, s’il n’y avait qu’un verset à garder, peut-être serait-ce celui là : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean3, 16).

Il nous faudra toute une vie pour en découvrir toute sa richesse, toute sa profondeur, toute sa puissance et toutes ses implications. Lire la suite

Le journal « La Croix » parle de nous ce matin !


Une journaliste de La Croix était avec nous ce matin, ci-dessous son article :

Pour la Pentecôte, des paroisses protestantes rouvrent prudemment leurs portes

Reportage

Près d’une semaine après le décret gouvernemental autorisant la reprise des célébrations publiques en France, un certain nombre de temples protestants ont rouvert leurs portes, dimanche 31 mai, à l’occasion de la Pentecôte.

À Paris, une cinquantaine de fidèles ont ainsi retrouvé, avec émotion, le chemin de la paroisse luthérienne Saint-Jean.

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Clins d’œil appuyés, salutations à distance, et innombrables sourires dessinés derrière les masques ou visières de l’assemblée… Huit jours après le décret gouvernemental autorisant la reprise des offices religieux publics en France, un certain nombre de temples protestants ont rouvert leurs portes, dimanche 31 mai, à l’occasion de la Pentecôte. Lire la suite