Transmettre, c’est jardiner !

Le magazine paroissial « Le FILET de PIERRE » de la paroisse catholique St Pierre du Gros Caillou, notre voisine, m’avait demandé : « Comment, dans votre vocation de Pasteur et en même temps dans votre rôle d’époux et de père, la transmission est-elle moteur de votre mission ? ».

Voilà ma réponse :

Transmission, donc ! Mais qu’est-ce que transmettre ?

On peut transmettre des contenus, des grands principes. Comme on peut apprendre à nager ou à faire du vélo à ses enfants.

Mais peut-on transmettre la foi ? En fait, je ne le crois pas. La foi est une ouverture du cœur, elle est fondamentalement une relation, une fiance, une confiance en un Autre qui vient à notre rencontre, une expérience. Serait-ce à dire qu’il n’y a rien à faire, rien à transmettre ? Non, bien sûr que non. Ce que nous pouvons faire, c’est d’abord témoigner de ce que nous vivons de cette relation. Que quelque chose nous précède. Nous relie. Ensuite, enseigner !

Non pas tant une identité (car notre identité chrétienne, n’est-ce pas celle de l’universelle ?) que d’enseigner d’abord à traduire, à interpréter ; car la transmission ne doit pas être une répétition, mais une traduction, une interprétation sans cesse actualisée. Il me semble que « le désir de transmettre doit toujours laisser à l’autre la possibilité d’être différent ».

Et ensuite enseigner ce qui peut rentre plus facile cette rencontre. Et je me demande si transmettre n’est pas de l’ordre de partager un travail de débroussaillage vers l’essentiel, de l’apprentissage d’un jardinage intérieur, afin que le grain tombé en terre puisse lever dans nos existences ? Et si transmettre, c’était apprendre à accueillir la grâce qui vient dans nos vies ?

Pasteur J-F Breyne

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