la nuit tombe…

mais il nous est donné de Risquer la lumière !

Nous sommes, dit admirablement Francine Carillo, « conviés à vivre l’ordinaire en pèlerins de lumière » (Vers l’inépuisable, p. 93) !

Et cela depuis que le Fils de l’Homme, au début de son enseignement, nous confia cette incroyable promesse : « Vous êtes la lumière du monde ». Pourtant, n’est-ce pas nous qui, en premier, avons besoin de lumière pour guider nos pas ? Où que nous tournions le regard, ne découvrons-nous pas partout larmes, désastres, lorsque ce n’est pas déchaînement de haine, violence absurde et imbécile ? Citons les massacre dans les églises et dans les rues, la désespérance économique et politique, les sentiments généralisés d’impuissance devant la pandémie…

Nous sommes si souvent dans les ténèbres… Oui mais voilà, fort heureusement, ce n’est pas nous qui sommes la source de la lumière. L’Evangile lui-même le déclare : sur ceux qui étaient assis dans le pays, dans l’ombre de la mort, une lumière s’est levée (Matth. 4, 16).

La lumière, c’est le Fils de l’homme lui-même, c’est sa parole venue illuminer le monde, l’embraser de beauté. Nous, nous ne sommes que des réflecteurs.

Rien que cela, mais tout cela.

Voilà notre humaine vocation : risquer la lumière, fusse au sein des ténèbres les plus impénétrables. Je dis risquer car, être lumière, ça se risque.

Dans le texte de Matthieu (5, verset 15) le mot traduit par boisseau, signifie aussi littéralement en grec l’armoire où l’on rangeait le grain, la semence. Comme pour nous dire : la lumière, cela ne s’enferme pas dans un coffre-fort. Cela se risque, pour illuminer ceux qui habitent l’ombre de la mort. Comme la vie se risque, comme la parole se risque, pour qu’elle vive et fasse vivre. Comme la fragilité, comme la beauté se risquent.

Et Maurice Bellet de s’écrier :

« … la grande affaire, l’unique affaire est que le chemin ne se perde pas dans la ténèbre, que se lève, au cœur même de la nuit, la lumière irrépressible que rien ne détruira ».

(Dieu, personne de l’a jamais vu, Albin Michel, p. 72).

Jean-François BREYNE

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