Épiphanie et/ou baptême du Christ ?

Petit rappel : le mot épiphanie signifie en grec manifestation  (epiphaneia = apparition, manifestation). Dans la Bible, il désigne toute manifestation de Dieu aux hommes.

Ce n’est qu’au cours du IVe siècle, que les chrétiens prirent l’habitude de célébrer au moment du solstice d’hiver la naissance de Jésus, lumière du monde selon l’évangile johannique, certainement pour contrer les païens qui à cette date fêtaient le Sol invictus, le Soleil vainqueur.

Que païens et chrétiens se retrouvent au jour du Natalis invicti, qu’ils se réjouissent de la naissance du Fils de Dieu ou la renaissance du Soleil-Hélios ne pouvait d’ailleurs que plaire à l’empereur Constantin, qui voulait l’unité de son empire ! 

En Orient, c’était le 6 janvier, qui était consacré aux fêtes solsticiales. Les Églises de ces pays, en Égypte et en Arabie, retinrent cette date pour la célébration du baptême du Christ, qui est la pleine manifestation de sa divinité en son humanité, pratique tôt connue en Occident, où l’on voit l’Église de Gaule célébrer l’Épiphanie dans les années 360.

En témoigne par exemple cette homélie de Jacques de Saroug, évêque syrien mort en 521: 

«  Grâce au témoignage de Jean, notre Seigneur fut reconnu par le monde comme étant le Messie, et c’est pourquoi son baptême fut appelé l’Épiphanie, puisqu’au jour de son baptême, il fut clairement reconnu et révélé ».

Dans la tradition byzantine et arménienne, l’ Épiphanie est aujourd’hui encore liée au baptême du Christ.

À partir du Ve siècle, une dissociation s’est opérée entre le 6 janvier et le 25 décembre, date plus précise du solstice : ainsi, les chrétiens occidentaux fêtent la Nativité le 25 décembre, l’adoration des Mages, le 6 janvier, le baptême du Christ, le dimanche suivant, et les noces de Cana le dimanche qui suit encore.

« Étonnamment, souligne le dominicain québécois Yvon Pomerleau, l’Occident a retenu le mot “épiphanie” pour l’adoration des Mages, alors que la manifestation de l’origine divine de Jésus est plus évidente lors de son baptême dans le Jourdain, lorsque retentit la voix du Père : “Voici mon fils bien aimé” ». En Occident, l’adoration des Mages a, de fait, pris une ampleur considérable et s’est enrichie de nombreux éléments de folklore au cours des siècles. Si les Évangiles donnent très peu de détails sur eux, les apocryphes et les traditions populaires ont comblé ces silences.

C’est une mini-arpillera qui vient du Chili en Amérique Latine. Si on regarde bien, les observateurs des étoiles (femmes ou hommes, ce n’es pas très bien défini) arrivent sur un llama et non pas de chameaux. Avec l’autorisation fraternelle de la pasteure Jane Stranz
Bas relief, fonds baptismaux de l’église de Pertuis, Vaucluse
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